A la rencontre de Françoise Alice Gandibleux
Françoise Alice Gandibleux, vous êtes l'auteur du livre Le premier de mes jours publié avec Le Livre en papier.
Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Je suis née en 1952 à Namur. Prématurément et donc non à Bruxelles mais à Namur où mes parents étaient en visite chez les grands parents. Ça commence mal car je joue les trouble-fête en n’acceptant pas le déni des médecins et je décide d’aller de l’avant et de me jouer de leurs pessimismes. A l’âge de 4 ans je pars au Congo, mon père ayant trouvé une place comme Ingénieur là-bas. Ce pays me poursuivra toute ma vie. Revenus au Pays en 1959, mes parents n’auront de cesse de déménager. Enfin ils font construire une maison à Ganshoren en 1964 et après mes primaires je fais trois années d’Art Déco. Déjà adolescente, j’écrivais tous les jours dans mes carnets secrets tout ce qui se déroulait dans ma vie. L’écriture est venue très vite. Et la lecture était mon passe-temps préféré tout en écoutant Salut les Copains et nos idoles. Des années riches en bonheurs. Et puis le temps se gâta et mes parents divorcèrent. Ce fût la fin de mes rêves. Le commencement aussi d’une surdité de plus en plus présente. Le couvent fit son chemin en moi. J’aimais Claudel. Et je lisais tous les grands classiques dont le grand Meaulnes. Mon père m’imposa des études de secrétariat. Autoritaire sans méchanceté, je dus adhérer. J’écrivais encore et toujours dans mes cahiers et les cours de français étaient vraiment intéressants. J’ai travaillé un temps comme secrétaire et dû interrompre ce métier car devenue sourde. J’ai travaillé comme caissière pendant plus de 38 ans. Au cours de cette période souvent difficile, les livres étaient mes refuges. Je découvrais Jean D’O, Maurice Genevoix un peu plus tard et ils resteront toujours mes références dans ma manière d’écrire. Ou même de penser.
Quand avez-vous commencé à écrire ?
De mariage en divorce j’ai retrouvé une liberté à ma pension et après avoir faire du bénévolat en Hôme toujours avec cette idée qu’il nous faut aimer tout le monde, après avoir fait quelques années de généalogie, je me donnais enfin le temps d’écrire. Brouillons après brouillons. Je me suis inscrite à un cours d’écriture et là j’ai compris comment vraiment faire un livre.
Quelle étape vous a paru la plus facile et celle qui vous a paru la plus difficile lors de l’écriture de votre livre ?
Ce fût le début d’un monde enchanteur fait d’une solitude bienheureuse et d’un voyage au centre de moi-même qui me laissa sans voix après 5 mois de relectures, de corrections par moi-même et par d’autres. Et c’est mon professeur d’écriture qui me persuada d’éditer mon livre. Elle me conseilla le Livre en Papier. L’aventure commença mais le covid 19 vint perturber le tout et j’en profitais, puisque tout s’était arrêté, de revoir un chapitre.
L’étape la plus difficile fût l’attente. Elle fût bien longue malgré tous leurs efforts au Livre en Papier pour pallier le manque de temps. Heureusement un dialogue était instauré. L’attente dans le doute. Le doute est présent à tout moment, pendant l’écriture, la correction et l’impression.
Aimez-vous lire ? Beaucoup de gens croient qu’il faut beaucoup lire pour écrire. Qu’en pensez-vous ?
Personnellement je pense que lire est une nécessité presque absolue. Bien sûr chacun à son langage mais en lisant nous apprenons à écrire. Parler et écrire sont deux choses différentes et il est assez rare de trouver des écrivains comme Maurice Genevoix qui parlait comme il écrivait. Merveilleusement. J’ai eu aussi le plaisir de cette aventure avec Jean d’O.
Combien de temps avez-vous laissé murir votre projet et quel a été l’élément déclencheur qui vous a poussé à prendre la plume pour l’écrire ?
J’ai participé à un atelier d’écriture où j’ai pu comprendre comment encadrer un livre. Jusqu’alors, je ne faisais qu’assembler des mots. Après cet atelier, je m’y suis mise à fond sachant que cela pouvait déboucher sur un échec mais à la relecture par mon professeur celle-ci me dit de foncer tant elle trouvait ma façon d’écrire riche en moment d’émotions. Et me conseilla le Livre en Papier.
Avez-vous d’autres projets de livre(s) en cours (suite, nouvelle saga, etc.) ?
J’ai déjà deux autres livres en préparation. Toujours sur la même manière d’écrire. Emmener le lecteur dans la promenade d’une vie, d’une journée, d’un amour….
Comment faites-vous votre promotion ? (Réseaux sociaux, presse, salons et foires du livre, démarchage dans les points de vente, etc.)
J’ai fait la promotion sur Facebook. Les foires étant pour le moment Année 2020 très peu présentent. J’ai démarché aussi chez un libraire de ma commune, j’en attends toujours les résultats.
Quels conseils ou astuces donneriez-vous à un auteur qui souhaite publier un livre ?
Quand on est jeune on peut se lancer à la recherche d’éditeurs mais l’âge pour moi est bien là et l’illusion de trouver quelqu’un qui apprécierait mes livres me semble un peu trop rêveur. Pour le livre en Papier j’aurais souhaité une aide logistique dans la vente du livre dans les grosses librairies comme Filigranes ou FNAC. Mes amis ayant mon âge auront beaucoup plus difficile d’aller sur internet. Donc j’ai dû m’occuper moi-même de l’envoi des 25 livres reçus. Et une déception qui n’est pas claire, tous les envois faits par le Livre en Papier sont faits à partir de la France. Alors qu’en choisissant un imprimeur Belge j’espère que tout se ferait dans notre pays. Et malheureusement aussi la lenteur des envois s’ils ne sont pas suivis d’un traçage payant.
J’aurais aussi espéré que par ex au moment de recevoir le livre à la correction en relecture, le Livre en Papier se dise, ah tiens voilà un livre qu’il serait intéressant de publier nous-même et de proposer un contrat avec l’écrivain. Qu’il y ait cette option possible, cet espoir…
Note du Livre en Papier :
Les envois depuis la France vers la Belgique ne concernent que les "envois non tracés lents". Ils ont été mis en place dans le seul but de proposer une alternative économique au coût élevé des envois traditionnels de la poste belge. Plutôt que de considérer qu'il y a un supplément à payer pour un traçage payant (Bpack), la réalité est que nous avons mis en place un service économique (qui nous oblige à nous rendre chaque semaine dans un bureau de poste en France) au profit de notre communauté. La lenteur des envois ne concerne que ces expéditions. Nous sommes assez clairs sur ce point, c'est pourquoi nous l'avons, dès sa mise en ligne, appelé l'envoi non tracé lent. Tous les autres types d'envoi se font depuis la Belgique et en 24h à 48h selon le passage du facteur. Vos 25 exemplaires ont, par exemple, été expédié par Bpack depuis la Belgique. Toute la production se fait dans notre atelier de Strépy-Bracquegnies.
Concernant votre regret de ne pas voir Le Livre en Papier proposer de contrat d'édition, nous ne le faisons pas pour la même raison que votre boulanger préféré ne vous propose pas l'entretien de votre voiture avec votre baguette : ce n'est pas notre métier. Nous ne sommes pas éditeur et nous ne prétendons pas l'être. Il est très important pour nous de proposer un service transparent dont nous maitrisons la qualité et dont nous pouvons être fier. En tant qu'imprimeurs depuis plus de 30 ans, nous préférons vous faire bénéficier de notre expérience et de notre savoir-faire que de vous faire une vague promesse d'édition.
Comment avez-vous découvert Le Livre en papier ?
C’est mon professeur d’écriture qui m’a conseillé le Livre en Papier.
Pourquoi avoir choisi l’auto-édition avec Le Livre en papier ?
L’auto-édition me paraissait la seule solution à 68 ans n’espérant nullement être comparée à des écrivains devenus célèbres ou en devenir…
Comment décririez-vous cette expérience ?
Ce fût une expérience enrichissante faite de 5 mois entre le doute et l’espérance et une soif de recommencer au plus vite, ce que je fis sans attendre la publication du premier.
Si c’était à refaire, que changeriez-vous ?
Si c’était à refaire, je rechercherais une édition Belge qui fonctionne Belge et qui aurait dans ses pouvoirs de retenir un livre non plus en auto-édition, à la relecture et de proposer alors à l’écrivain un contrat de publication. Et surtout un plus grand soutien au niveau de la vente. Une plus grande rapidité des envois.
Car même si les choses semblent claires, il y a de petites choses comme l’envoi par la France des livres. Je le regrette sincèrement.
Sinon l’Equipe est vraiment à l’écoute et se donne la peine de vous écouter en toute bienveillance. Cela je ne l’oublierais pas.
Recherches connexes : Nilay Inmeler, publier livre, ecrire un livre