Les MONTMORENCY-CROISILLES à Amougies-Russeignies

Philippe Duponcheel

Illustration du livre : Les MONTMORENCY-CROISILLES à Amougies-Russeignies

Le fief d’Amougies-Russeignies aboutit par mariage à Philippe de MONTMORENCY (+1474). Le gisant fort abîmé d’Antoine de M. (+ 1529) se trouve dans le chœur de l’église. Baudoin, son fils, fait construire une chapelle funéraire et son petit-fils Guillaume (1575-1638) un caveau (depuis 1771, englobé dans l’église agrandie). Le château n’est pas la résidence principale des Princes qui préfèrent habiter Gand ; il abrite successivement plusieurs douairières jusqu’en 1724. En 1736, Louis-François de M. décide de quitter Gand pour Amougies et fait faire des travaux vite interrompus suite à son décès. Les frères et sœurs de Louis-François vivent à Paris où ils participent à la vie mondaine. Pour la 1ère fois, on met un visage sur certains noms… jusqu’en 1813 quand Amougies-Russeignies est vendu. Un parcours inédit où les anecdotes fourmillent …

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  • Mon épouse, Françoise Vandenbussche, est issue d’une vieille famille d’Amougies alors que moi, je suis originaire de Mouscron et ne suis arrivé dans la région que via un travail de bénévolat au home l’Espoir de Russeignies, village limitrophe d’Amougies. En 1978, le journal régional, « Le Courrier de l’Escaut », soucieux de développer son ancrage local, contacta la commune de Mont-de-l’Enclus via son secrétaire communal, Robert Vandenbussche (1922-2015), mon oncle, pour trouver un « correspondant » ... Et me voilà bientôt embarqué dans cette tâche malgré ma formation plutôt scientifique : j’ai certes une scolarité classique (gréco-latine) mais celle-ci a débouché sur une licence en mathématiques à l’UCL ! Et, sur la lancée du journalisme local, quand l’échevine de la culture, Rosine Deraedt, en 1984, voulut créer un « Cercle d’histoire locale », m’en voilà bombardé secrétaire. Dès le départ, nous avons pu bénéficier de l’aide précieuse de deux historiens régionaux chevronnés, Jean-Marie Vlieghe (1938-2008), auteur d’un remarquable travail sur les procès de sorcellerie à Amougies-Russeignies, qui accepta de devenir notre premier président, et Albert Cambier (1922-2010), conservateur et responsable de la crypte de Renaix. « Tu verras, m’avait dit ce dernier, si tu t’intéresses à l’histoire locale, finalement chaque lieu où tu passes dans ton village, te racontera une histoire ». Il avait mille fois raison et le travail qui suit, en est le reflet. Bien que la fusion des communes date déjà de 1977, l’entité de Mont-de-l’Enclus n’a fait l’objet que de peu de publications spécifiques si l’on excepte les quelque 36 bulletins du Cercle d’histoire locale (soit près de 2.500 pages) et quelques textes que j’ai rédigés pour le livre sur la Province du Hainaut aux éditions Racine en 2009. Amougies a fait l’objet d’un livre publié à compte d’auteur par Guy Spillebeen, « Amougies, un Village, des Hommes, une Histoire » en 2011 et le bourgmestre, en 2019, a fait paraître un ouvrage intitulé « Découvrir Mont-de-l’Enclus » aux Editions Wapica, avec de magnifiques illustrations mais, hélas, aussi de nombreuses erreurs dans les commentaires. Une série de sept livres sont consacrés respectivement à Amougies, Anseroeul, Orroir, Russeignies, le mont de l’Enclus (c-à-d l’Enclus du Haut qui fait partie d’Orroir mais qui a été traité séparément en tant que site touristique principal), le domaine de Calmont et le bois de l’Enclus (het Kluisbos). Ceci est donc le dernier volet de la série : sa publication en a été postposée face à l'attente d'aménagements dans le bois côté wallon, projets finalement revus à la baisse par manque de subsidiation et toujours pas réalisés. A noter également deux publications sur des écrits de l’auteur flamand Stijn Streuvels qui s’est inspiré de l’histoire locale de Russeignies dans «De terechtstelling van een onschuldige » (L’exécution d’un innocent) et « De Blijde Dag » (Le Jour Heureux) et deux publications, l’une sur les princes locaux « Les Montmorency-Croisilles à Amougies-Russeignies » et l’autre, un ouvrage collectif consacré aux « Sorcières en Amougies-Russeignies au 17e siècle » Une autre série de quatre livres est également clôturée : elle est consacrée aux paroisses de l’entité de Mont-de-l’Enclus : la paroisse Saint-Brice d’Orroir, la paroisse Saint-Bavon d’Amougies, la paroisse Saint-Paul d’Anseroeul et la paroisse Saint-Amand de Russeignies. Une dernière série aura pour objet les "institutions" présentes dans l'entité. Un premier fascicule est déjà paru ; il est consacré à une institution d'Orroir : le "Home Emmaüs", autrefois "Pensionnat de la Sagesse" ou "l'Institut Saint-Joseph", aujourd'hui maison de repos "La Colline". Un second est en préparation ; il concerne une institution de Russeignies : le "Home l'Espoir", autrefois "le Couvent des Soeurs de la Miséricorde" ou "l'Institut Saint-Antoine" ou encore "les Colonies scolaires de Gand". Une autre série est consacrée aux portraits d'habitants "célèbres" de Mont-de-l'Enclus en commençant par Albert Willecomme, photographe et peintre à Orroir, témoin de l'histoire locale du 20e siècle et un deuxième portrait d'un personnage natif de Russeignies, un village qui vit naître nombre de personnages importants - qui l'eût cru ? - : Mgr Meerschaert (1847-1924) qui fut le premier évêque des Indiens d’Amérique. Le troisième livre de portraits est consacré à deux enfants de Russeignies, un missionnaire et un ophtalmologue qui ont tous deux vécus, loin de leur village natal, au XIXe siècle. Le quatrième livre de portraits est également consacré à deux enfants de Russeignies : un Sans-Culotte, Aimable Meuris, grâce à qui, selon Napoléon, la Révolution française fut sauvée (rien de moins !) et un général, Louis-Joseph Opsomer qui démarra sa carrière sous Louis XV et la termina comme général de brigade commandant d’artillerie de l’armée du Rhin, juste avant le Directoire. Deux portraits concernent la ville voisine, Renaix : celui du Père Philippe, natif de Renaix, rédemptoriste aux idées radicales (1874-1935) et celui de son contemporain, Diedrich Speckmann (1872-1938), un auteur allemand de romans qui fut caserné à Renaix en 1918. Un fascicule décrit le portrait de deux ecclésiastiques proches de l’Enclus, Mgr Ruysschaert et Mgr Descamps, et de trois nafits de Russeignies : Jean-Baptiste Dumoulin, Jean-Marie Vlieghe et l'abbé Philippe Tonneau. Après un ouvrage qui rend hommage à trois combattants pour la Patrie durant la Première Guerre mondiale, en lien avec Amougies, Russeignies et Orroir, et un récit de 8 parachutages qui eurent lieu en 1943, dans les environs du mont de l'Enclus, la série se clôture par le portrait d'Odon Van Pevenaege (1893-1917), habitant d'Anseroeul, grenadier-clairon durant la guerre 14-18, portrait rédigé à partir du journal qu'il a tenu sur le front de l'Yser. Après ces portraits, un tour d'horizon des "pionniers" du tourisme au mont de l'Enclus et de leurs successeurs puis un aperçu de l'évolution du rail entre Russeignies, Amougies et Orroir entre 1863 et 1962 ( et même dans les environs de Mont-de-l'Enclus), quatre ouvrages ont été consacrés aux légendes locales : la légende de l'ermite qui a recueilli un enfant princier, l'a baptisé en lui donnant son propre nom, l'a éduqué ... tellement bien qu'il devint le premier Forestier de Flandre et qu'il fonda les villes de Lille et Bruges, rien que ça !. ... sans oublier la légende des faux monnayeurs et même un roman sur la vie de l'ermite Liedericq. Nous débutons ici une série consacrée aux deux guerres mondiales avec un volet intitulé "Orroir, un lieu de mémoire", un volet intitulé "Mont-de-l'Enclus et sa région entre 1914 et 1918", un troisième volet à propos de la vie quotidienne sous l'Occupation entre 1940 et 1945 à Mont-de-l'Enclus et un quatrième volet qui fait un parallèle entre les deux grandes guerres mondiales à Mont-de-l'Enclus. Deux derniers volets sont consacrés à la Libération. Comme l’histoire ne s’arrête jamais, par la suite, quelqu’un prendra le relais et continuera probablement la tâche sur ces sujets ou sur d’autres. Merci d’avance à lui.

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  • Vers 1100, le seigneur d’Amougies-Russeignies est Huès de WAUDRIPONT, conseiller du comte de Flandre, décédé lors de la deuxième Croisade avec Thierry d’ALSACE. Le Comte de Flandre Guy DAMPIERRE, achète (en 1280), Renaix et les fiefs qui en dépendent, à l’abbé de Saint-Corneille-d’Inde (près d’Aix-la-Chapelle), Raynard. En 1287, Jean, sire d’AUDENARDE et de ROSOIR, reconnaît tenir en fief de Gui de DAMPIERRE tous ses biens de Renaix, Ellezelles et Amougies que tient ensuite de lui Alard d’ANTOING. Olivier de POUCQUES est seigneur d’Amougies et Molimont par achat en 1363. Son fils Roland vend ses terres à son cousin Jean de POUCQUES en 1376. La seconde fille de Jean, Catherine de POUCQUES épousa Guillaume dit Wiscart de BOURS (décédé en 1415) dont elle eut une fille unique, Marguerite de BOURS. Marguerite de BOURS épousa Philippe de MONTMORENCY dont elle eut deux fils dont l’aîné, Marc, seigneur de CROISILLES de MONTMORENCY, chevalier. Antoine de MONTMORENCY, fils de Marc, semble avoir élu domicile au château d’Amougies. Il décède en 1529 mais pense à construire une chapelle funéraire contre le chœur de l’église Saint-Bavon dès 1507. Les gisants (fort abîmés) et les blasons d’Antoine et de sa seconde épouse sont encore visibles dans le chœur de l’église d’Amougies. Baudoin de MONTMORENCY mène à bien le projet de chapelle funéraire. Son épouse, Isabeau de STAVELE, décède en 1542 au château d'Amougies. Charles de MONTMORENCY, fils de Baudoin, meurt à Douai en 1605 mais est inhumé à Amougies. Il n’a donc peut-être pas habité au château d’Amougies comme son père et comme son fils Guillaume (1575-1638) et son épouse, Marie de Montjoie (1577-1666). C’est ce couple qui fera creuser un caveau sous la chapelle funéraire, caveau englobé dans l’église lors de son extension en 1771 et aujourd’hui situé sous l’autel. A partir de cette génération et le 17e siècle, les renseignements qu’on peut récolter, sont plus nombreux, que ce soit au niveau généalogique qu’au niveau iconographique. Il semble que le château d’Amougies ait rarement été la résidence principale des Princes de MONTMORENCY qui préfèrent souvent leur hôtel de Gand. Il n’en demeure pas moins qu’il sert de domicile successivement à plusieurs douairières (veuves) jusqu’en 1724. En 1736, de vastes travaux aux fossés et aux bâtiments du château d’Amougies sont entamés, le couple Louis-François de MONTMORENCY – Marie Anne RYM ayant peut-être décidé de déménager de Gand pour s’installer à Amougies. Le projet sera interrompu par le décès des deux époux (en 1736 et 1738). Les frères et sœurs de Louis-François vivent pour la plupart à Paris où ils participent de manière parfois étonnante à la vie mondaine. Les sources manquent parfois de précisions et se contredisent quelquefois… mais c’est la première fois que l’on peut mettre un visage sur certains prénoms… et cela jusqu’en 1813, année où la dernière représentante de la branche de MONTMORENCY-CROISILLES, Louise-Auguste, vend en viager tous ses bien situés à Amougies et Russeignies. Un parcours inédit où les anecdotes fourmillent …

  • Nombre de pages 196
    Langue french
    Type Livre imprimé en couleur
    Format A4
    Papier Papier standard
    Couverture Couverture souple
    Reliure Dos cousu (fil de lin)
    Lamination Brillant
    ISBN 978-2-8083-1598-2