Mont de l'Enclus : les pionniers du tourisme

Philippe Duponcheel

Illustration du livre : Mont de l'Enclus : les pionniers du tourisme

Mais pourquoi diable tant de gens se rendent-ils sur les pentes du Mont de l’Enclus, sur cette colline du Hainaut qui est située au bord de l’Escaut et qui domine le Plat Pays ? Pourquoi y viennent-ils et pourquoi y reviennent-ils ? Pourquoi y venait-on jadis ? Pourquoi passer aujourd’hui une journée au Mont de l’Enclus ? Les motivations sont multiples et le Mont de l’Enclus est vraiment fréquenté par une foule fort diversifiée. Pourtant, jusqu’à présent, personne n’a jamais abordé l’histoire de cet essor touristique … Une lacune à laquelle nous allons tenter de remédier tout en élargissant un peu le thème en dénichant notamment qui ont été les « pionniers » de ce mouvement, qu’ils viennent du Nord de la France ou qu’ils soient issus du cru. De nombreuses cartes postales et photos vont nous aider à illustrer notre propos.

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  • Mon épouse, Françoise Vandenbussche, est issue d’une vieille famille d’Amougies alors que moi, je suis originaire de Mouscron et ne suis arrivé dans la région que via un travail de bénévolat au home l’Espoir de Russeignies, village limitrophe d’Amougies. En 1978, le journal régional, « Le Courrier de l’Escaut », soucieux de développer son ancrage local, contacta la commune de Mont-de-l’Enclus via son secrétaire communal, Robert Vandenbussche (1922-2015), mon oncle, pour trouver un « correspondant » ... Et me voilà bientôt embarqué dans cette tâche malgré ma formation plutôt scientifique : j’ai certes une scolarité classique (gréco-latine) mais celle-ci a débouché sur une licence en mathématiques à l’UCL ! Et, sur la lancée du journalisme local, quand l’échevine de la culture, Rosine Deraedt, en 1984, voulut créer un « Cercle d’histoire locale », m’en voilà bombardé secrétaire. Dès le départ, nous avons pu bénéficier de l’aide précieuse de deux historiens régionaux chevronnés, Jean-Marie Vlieghe (1938-2008), auteur d’un remarquable travail sur les procès de sorcellerie à Amougies-Russeignies, qui accepta de devenir notre premier président, et Albert Cambier (1922-2010), conservateur et responsable de la crypte de Renaix. « Tu verras, m’avait dit ce dernier, si tu t’intéresses à l’histoire locale, finalement chaque lieu où tu passes dans ton village, te racontera une histoire ». Il avait mille fois raison et le travail qui suit, en est le reflet. Bien que la fusion des communes date déjà de 1977, l’entité de Mont-de-l’Enclus n’a fait l’objet que de peu de publications spécifiques si l’on excepte les quelque 36 bulletins du Cercle d’histoire locale (soit près de 2.500 pages) et quelques textes que j’ai rédigés pour le livre sur la Province du Hainaut aux éditions Racine en 2009. Amougies a fait l’objet d’un livre publié à compte d’auteur par Guy Spillebeen, « Amougies, un Village, des Hommes, une Histoire » en 2011 et le bourgmestre, en 2019, a fait paraître un ouvrage intitulé « Découvrir Mont-de-l’Enclus » aux Editions Wapica, avec de magnifiques illustrations mais, hélas, aussi de nombreuses erreurs dans les commentaires. Une série de sept livres sont consacrés respectivement à Amougies, Anseroeul, Orroir, Russeignies, le mont de l’Enclus (c-à-d l’Enclus du Haut qui fait partie d’Orroir mais qui a été traité séparément en tant que site touristique principal), le domaine de Calmont et le bois de l’Enclus (het Kluisbos). Ceci est donc le dernier volet de la série : sa publication en a été postposée face à l'attente d'aménagements dans le bois côté wallon, projets finalement revus à la baisse par manque de subsidiation et toujours pas réalisés. A noter également deux publications sur des écrits de l’auteur flamand Stijn Streuvels qui s’est inspiré de l’histoire locale de Russeignies dans «De terechtstelling van een onschuldige » (L’exécution d’un innocent) et « De Blijde Dag » (Le Jour Heureux) et deux publications, l’une sur les princes locaux « Les Montmorency-Croisilles à Amougies-Russeignies » et l’autre, un ouvrage collectif consacré aux « Sorcières en Amougies-Russeignies au 17e siècle » Une autre série de quatre livres est également clôturée : elle est consacrée aux paroisses de l’entité de Mont-de-l’Enclus : la paroisse Saint-Brice d’Orroir, la paroisse Saint-Bavon d’Amougies, la paroisse Saint-Paul d’Anseroeul et la paroisse Saint-Amand de Russeignies. Une dernière série aura pour objet les "institutions" présentes dans l'entité. Un premier fascicule est déjà paru ; il est consacré à une institution d'Orroir : le "Home Emmaüs", autrefois "Pensionnat de la Sagesse" ou "l'Institut Saint-Joseph", aujourd'hui maison de repos "La Colline". Un second est en préparation ; il concerne une institution de Russeignies : le "Home l'Espoir", autrefois "le Couvent des Soeurs de la Miséricorde" ou "l'Institut Saint-Antoine" ou encore "les Colonies scolaires de Gand". Une autre série est consacrée aux portraits d'habitants "célèbres" de Mont-de-l'Enclus en commençant par Albert Willecomme, photographe et peintre à Orroir, témoin de l'histoire locale du 20e siècle et un deuxième portrait d'un personnage natif de Russeignies, un village qui vit naître nombre de personnages importants - qui l'eût cru ? - : Mgr Meerschaert (1847-1924) qui fut le premier évêque des Indiens d’Amérique. Le troisième livre de portraits est consacré à deux enfants de Russeignies, un missionnaire et un ophtalmologue qui ont tous deux vécus, loin de leur village natal, au XIXe siècle. Le quatrième livre de portraits est également consacré à deux enfants de Russeignies : un Sans-Culotte, Aimable Meuris, grâce à qui, selon Napoléon, la Révolution française fut sauvée (rien de moins !) et un général, Louis-Joseph Opsomer qui démarra sa carrière sous Louis XV et la termina comme général de brigade commandant d’artillerie de l’armée du Rhin, juste avant le Directoire. Deux portraits concernent la ville voisine, Renaix : celui du Père Philippe, natif de Renaix, rédemptoriste aux idées radicales (1874-1935) et celui de son contemporain, Diedrich Speckmann (1872-1938), un auteur allemand de romans qui fut caserné à Renaix en 1918. Un fascicule décrit le portrait de deux ecclésiastiques proches de l’Enclus, Mgr Ruysschaert et Mgr Descamps, et de trois nafits de Russeignies : Jean-Baptiste Dumoulin, Jean-Marie Vlieghe et l'abbé Philippe Tonneau. Après un ouvrage qui rend hommage à trois combattants pour la Patrie durant la Première Guerre mondiale, en lien avec Amougies, Russeignies et Orroir, et un récit de 8 parachutages qui eurent lieu en 1943, dans les environs du mont de l'Enclus, la série se clôture par le portrait d'Odon Van Pevenaege (1893-1917), habitant d'Anseroeul, grenadier-clairon durant la guerre 14-18, portrait rédigé à partir du journal qu'il a tenu sur le front de l'Yser. Après ces portraits, un tour d'horizon des "pionniers" du tourisme au mont de l'Enclus et de leurs successeurs puis un aperçu de l'évolution du rail entre Russeignies, Amougies et Orroir entre 1863 et 1962 ( et même dans les environs de Mont-de-l'Enclus), quatre ouvrages ont été consacrés aux légendes locales : la légende de l'ermite qui a recueilli un enfant princier, l'a baptisé en lui donnant son propre nom, l'a éduqué ... tellement bien qu'il devint le premier Forestier de Flandre et qu'il fonda les villes de Lille et Bruges, rien que ça !. ... sans oublier la légende des faux monnayeurs et même un roman sur la vie de l'ermite Liedericq. Nous débutons ici une série consacrée aux deux guerres mondiales avec un volet intitulé "Orroir, un lieu de mémoire", un volet intitulé "Mont-de-l'Enclus et sa région entre 1914 et 1918", un troisième volet à propos de la vie quotidienne sous l'Occupation entre 1940 et 1945 à Mont-de-l'Enclus et un quatrième volet qui fait un parallèle entre les deux grandes guerres mondiales à Mont-de-l'Enclus. Deux derniers volets sont consacrés à la Libération. Comme l’histoire ne s’arrête jamais, par la suite, quelqu’un prendra le relais et continuera probablement la tâche sur ces sujets ou sur d’autres. Merci d’avance à lui.

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  • Le mot « touriste » n’est apparu que vers 1803. Il dérive du mot « tour » au sens de « voyage, circuit au cours duquel on visite différents endroits ». Des « touristes », il y en eut probablement très tôt sur les pentes de l’Enclus, endroit calme et enchanteur s’il en est… D’autant que les gens du cru ont le sens de l’accueil et sont des « bons vivants ». On trouve déjà des témoignages d’un petit arrêt désaltérant en 1854 et des rendez-vous de chasse en 1877. Mais pourquoi diable tant de gens se rendent-ils sur les pentes du Mont de l’Enclus ? Pourquoi y viennent-ils et pourquoi y reviennent-ils ? Pourquoi y venait-on jadis ? Pourquoi passer une journée au Mont de l’Enclus ? Les motivations sont multiples et le Mont de l’Enclus est vraiment fréquenté par une foule fort diversifiée. Pourtant, jusqu’à présent, personne n’a jamais abordé l’histoire de cet essor touristique … Une lacune à laquelle nous allons tenter de remédier tout en élargissant un peu le thème : Quel fut le rôle de M. Philippe Behaghel, châtelain de Calmont, qui partage avec d’autres membres de sa famille la propriété de presque tous les terrains constituant le Mont de l’Enclus ? Quel fut le rôle de ces quelques « Nordistes » venus de la région de Roubaix-Tourcoing afin de participer à un rendez-vous cynégétique ? Sont-ce eux qui ont vanté les charmes des lieux à leurs amis et connaissances de telle sorte que, bien vite, la foule afflua ? Quelle fut l’influence de l’artiste Karel de Kesel qui s’installa à l’Horlitin en 1882 et qui fut le premier à faire « ressortir les beaux points de vue que représentait la montagne » [comprenez : le mont de l’Enclus]. C’est bien évidemment la nature, le calme, le bon air de l’endroit qui attirèrent ces visiteurs … mais quels sont les éléments qui les ont poussés à rester et à revenir ? Comment ont pu cohabiter des citadins en villégiature et des autochtones qui, pendant que les premiers se reposaient, continuaient, eux, à travailler durement dans les champs ou dans les bois ? … cohabitation qui est une des spécificités importantes, je crois, pour expliquer le début du « tourisme enclusien ». Quel a été l’accueil des gens du cru ? Comment les choses ont-elles évolué ? A quel rythme ? Comment est-on passé du petit verre de genièvre offert aux promeneurs (à moins que ce ne soit une tartine au jambon et au fromage ou de la bière d’Audenarde…) à un accueil en pension de famille ou dans un hôtel-restaurant de plus haut standing ? Qui était Robert Fallot, cet industriel proche de la famille Peugeot, qui fut un des premiers à s’installer à Amougies, sur le site de l’actuel Centre Protestant ? Quel rôle a joué son épouse dans l’installation des Œuvres protestantes à la Volière ? Qui étaient toutes ces familles locales qui se sont investies très tôt dans ce qui allait faire la renommée du site de l’Enclus ? Nous ne pourrons répondre à toutes ces questions … mais « Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer." comme l’a dit Guillaume Ier d’Orange-Nassau et comme l’ont pensé probablement beaucoup d’Enclusiens … au plus grand bénéfice de la région et de tous ses habitants.

  • Nombre de pages 236
    Langue french
    Type Livre imprimé en couleur
    Format A4
    Papier Papier standard
    Couverture Couverture souple
    Reliure Dos cousu (fil de lin)
    Lamination Brillant
    ISBN 978-2-8083-3866-0 9782808338660