Tension matinale
Pierre Englebienne
Mercredi, 6h32, zone de police de Saint-Paul sur Mesoule. Les membres de l’équipe Charlie sont déjà à pied d’œuvre tandis qu’une aube printanière se lève lentement. Plusieurs mois se sont écoulés depuis les événements nocturnes à la chapelle Saint-Paul. Le travail a repris son cours et cette matinée s’annonce paisible. Rien ne laisse présager le nouveau drame qui se prépare dans l’ombre.
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Né en 1989, Georges Fïnlam est un écrivain belge originaire du Hainaut. Il est l'auteur de plusieurs romans de style polar ou thriller. Il est également enquêteur au sein de la police belge.
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Mercredi, 6h32, équipe Charlie 1. L’obscurité battait doucement en retraite, lentement chassée par les rayons timides d’un soleil printanier. Au loin, l’horizon se teintait d’une couleur rosée tandis que le ciel oubliait peu à peu les étoiles pour tirer vers un bleu de plus en plus clair, annonciateur d’une journée radieuse et lumineuse. Tout doucement, le monde redevenait visible, tandis que les bruissements du réveil de la nature s’élevaient tranquillement. Alors que les flancs de la colline aux violettes s’illuminaient progressivement, léchés par les rayons dorés, le bruit discret d’un moteur se fit entendre. Bientôt, une camionnette blanche, bardée des lignes bleues reconnaissables entre toutes, fit son apparition, gravissant tranquillement le chemin sinueux menant au sommet. Maxime stationna le véhicule de service au sommet de la colline, au plus près du rebord de la petite terrasse naturelle qui offrait un point de vue panoramique impressionnant sur la commune de Saint-Paul sur Mesoule. Il coupa immédiatement le contact et éteignit la musique qui émanait de l’autoradio. Relâchant les épaules et se laissant aller dans le fond de son fauteuil, il savoura enfin cet instant qu’il attendait impatiemment depuis que son réveil avait retenti. Pouvoir simplement se poser au sommet de la « colline aux violettes » et regarder le soleil se lever, voilà tout ce dont il avait besoin pour entrer de manière positive dans cette nouvelle journée. Devant lui, la vue était dégagée. Au pied de la colline s’étendait le petit village de Feuchamp. Un peu plus loin, entourée de champs et de pâtures, on reconnaissait facilement la commune de Saint-Paul, véritable carrefour entre deux routes nationales, nichée dans le coude que dessinait à cet endroit la Mesoule, le cours d’eau local. Comme plan drague, j’ai connu mieux ! Maxime foudroya Chloé du regard. S’il y avait bien une chose à laquelle il aspirait avant tout, en plus de pouvoir assister au lever de soleil dans ce cadre exceptionnel, c’était bien de pouvoir profiter du silence. Chloé lui répondit par un sourire goguenard, heureuse de son effet. Elle n’aurait jamais perdu une occasion de le charrier, Maxime ne le savait que trop bien. De plus, il était conscient qu’elle ne savourait pas autant l’instant que lui. En effet, si Chloé n’était pas aussi amatrice de ce genre de moment, elle attendait surtout impatiemment de pouvoir aller chercher son petit déjeuner. Or, Maxime savait qu’elle risquait de se montrer de plus en plus casse-pied tant que ce détail-là ne serait pas réglé. Heureusement pour lui, la boulangerie dans laquelle elle voulait se rendre n’ouvrait qu’à sept heures, ce qui lui avait permis de lui imposer cette première destination avant d’entamer leur patrouille matinale. Le colosse se détendit et entreprit à nouveau de savourer cet instant qu’il affectionnait tant. À sa grande joie, Chloé ne renchérit pas. Elle aussi semblait profiter du moment. Tu viens souvent ici ? Chut ! Oh, mais allez ! Tu peux au moins me répondre ! Oui, je viens souvent ici. Surtout après avoir terminé une nuit, je passe par ici avant de rentrer chez moi. Aujourd’hui le timing était parfait. Je me suis dit que ce serait sympa pour commencer la pause. Chloé eut l’air d’acquiescer. Il n’en était pas sûr. Il reporta son attention sur le soleil qui continuait d’émerger peu à peu dans son manteau rose et se dit qu’il avait beaucoup de chance d’être là. Cela avait valu la peine d’abréger le moment café habituel du début de pause pour pousser Chloé dans le combi et prendre la direction de Feuchamp. Maintenant, il espérait pouvoir en profiter le plus longtemps possible. < Les équipes sur le terrain pour dispatch. Votre position ? > « Oh, mais c’est pas possible, ils vont pas me foutre la paix ! » La voix de Claire, l’adjointe-chef d’équipe qui assurait le dispatching ce matin-là, venait de briser une nouvelle fois ses espoirs. Peut-être pour de bon. Restait à savoir ce qu’elle avait à leur donner. Chloé s’empressa d’enclencher le micro de sa radio pour répondre : Charlie 1, on est sur Feuchamp. < Charlie 2, on est au bureau >, répondit la voix de Jean-Christope Vanart. < Roger, répondit Claire, Charlie 2, passez me voir au dispatch alors. J’ai une petite suite d’enquête pour vous >. Maxime soupira de soulagement. Ce n’était pas pour eux, ils pouvaient rester sur place encore un peu. Décidé à tout faire pour en profiter, il se détendit à nouveau en allongeant ses longues jambes sous le tableau de bord. Ça te dérange si je remets la musique ? demanda Chloé. Oui. Maxime laissa le silence retomber tout en continuant à admirer le magnifique tableau qui s’offrait à lui malgré les nombreuses interférences. Peut-être avait-il répondu un peu trop sèchement à Chloé. Peu importe, il s’en fichait. De toute façon, du coin de l’œil, il la voyait occupée à rigoler de la situation. < Charlie 1 pour dispatch >. Oh, mais c’est pas possible à la fin ! Come in ! répondit Chloé en se retenant d’exploser de rire. < Drève des Hérissons, 15 à Saint-Paul. Alarme panique. Rendez-vous sur place le plus vite possible ! > Cette fois, Chloé éclata de rire pour de bon, l’air dépité de Maxime ne faisant qu’alimenter le comique de la situation. Incapable de répondre à la radio, elle dut laisser Maxime grogner un « roger » grinçant. Quelques secondes plus tard, le combi redémarrait brusquement en faisant crisser les graviers. Le moteur se mit à vrombir et ils s’engagèrent dans la descente, tournant pour de bon le dos au soleil dont les contours apparaissaient enfin au-dessus de l’horizon.
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Nombre de pages 201 Langue french Type Livre imprimé en niveaux de gris Format A4 Papier Papier standard Couverture Couverture souple Reliure Dos carré collé Lamination Aucun ISBN 978-2-8083-1545-6 -
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