L'instant X

Frédéric Adam-foucault

Illustration du livre : L'instant X

Tout plaquer, s’affranchir, s’assumer tel qu’il est sans plus jamais avoir peur du regard des autres... Voilà ce à quoi aspire Arnaud, jeune provincial naïf, rêveur et paumé dans l’existence. L’instant X est le déclic qu’il attendait depuis un moment : avoir le courage de fuir la Haute-Saône et tout ce qu’il connait, avec l’espoir d’une vie meilleure à Paris. Il espère reprendre ses études et pourquoi pas, rencontrer l’homme de sa vie. Cependant, personne ne l’attend nulle part, et la poignée d’euros qu’il embarque disparaitra rapidement. Il devra, au gré des rues et des rencontres, affronter de nombreuses péripéties et se forger une carapace pour survivre. Parviendra- t-il à se réaliser ? Vous le découvrirez à travers ce roman noir et réaliste ; une immersion dans les méandres de la précarité.

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  • Frédéric Adam-foucault

    Auteur de deux romans « L’instant X » et « L’explosion des secrets », et passionné de littérature Underground, Frédéric a créée en 2021 les Éditions de la trémie. Il aborde différents thèmes au travers de ses textes (homophobie, précarité, romance, homoparentalité, clubbing...) et sélectionne des œuvres fictives ou réalistes en lien avec les identités arc en ciel. Issu d’un parcours militant, c’est un Artiste engagé polymorphe. Il dénonce dans ses livres un certain nombre de sujets inhérents à nos vies, tout comme il l’a fait en tant qu’Auteur et Chanteur dans le groupe « Mauvais-Genre ». Il aime aussi la légèreté, le burlesque et le cabaret ! Il a réalisé des courts métrage de Fiction « Un autre sexe », « Bareback Orange » ou « les noces de Frida », et un certain nombre de documentaires vidéos sur le monde de la nuit.

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  • Arnaud ouvrit les yeux, furieux. Le réveil n’avait pas sonné, ou peut- être ne l’avait-il pas entendu ? C’était la quatrième fois en moins de deux semaines. D’un bond, il se leva sans savoir ce qu’il allait faire. Il n’avait aucune envie d’aller travailler. S’il retournait à l’usine, il ferait les frais de ses absences et de ses retards... Ce 16 août 2000, il choisit en conscience de ne plus accorder d’importance à tout ce marasme. Pourquoi continuer à suer pour si peu ? C’était en-dessous de ses compétences, de ce qu’il savait faire. Conduire un Fenwick n’avait jamais fait partie de son plan de carrière. D’ailleurs, il était un piètre cariste. La semaine précédente, alors qu’il s’apprêtait à charger une palette dans un camion, une accélération trop brutale dans la cour des expéditions avait renversé et détruit un lot de marchandise. Arnaud aurait préféré travailler dans un bureau. Il n’avait pas eu d’autre alternative face au chômage et à la fin de son indemnisation. Il avait accepté cette mission d’intérim par dépit. Le dos au mur, il n’en pouvait plus. Depuis un certain temps, sa vie était morne et ennuyeuse. Son travail le répugnait et la solitude le rongeait. Il avait tout juste 20 ans et l’impression d’être happé par un quotidien répétitif sans grand intérêt. Parfois, durant ses périodes de doutes, il rêvait de tout plaquer. Le jour J était arrivé ! Arnaud n’en avait plus rien à faire. Il voulait partir, très vite, très loin, partout, nulle part, jouir, profiter... Et surtout, ne jamais se retourner. Il était temps pour lui de quitter la Haute-Saône. En un an, ça ne lui avait rien apporté de bon. Il avait atterri là pour fuir ceux qui l’avaient oppressé, traité comme un chien. Il avait voulu quitter sa famille ; il en avait honte. C’est ainsi qu’il était entré dans la vie active... et la solitude. Il décida de profiter enfin et pleinement de l’existence. Sous la douche, il se lava hâtivement. Pressé de partir, d’arriver à destination sans avoir pour autant d’idée précise sur son point de chute. De toute évidence, personne ne s’apercevrait réellement de son absence, excepté son chef de service qu’il exécrait. Il ouvrit l’armoire, sorti le jean G-Star qu’il avait acheté l’avant-veille au lieu de payer la facture EDF, sa plus belle chemisette, ses Converses acquises à crédit, puis ramassa la vingtaine d’euros qu’il lui restait pour finir le mois. Il enfourra un léger blouson d’été dans son sac à dos bleu. Il ne voulait rien prendre d’important, juste qu’on croit à un scénario catastrophe au cas où on s’inquiéterait pour lui ; ce dont il doutait foncièrement. Il éteignit son portable avant de le fracasser contre le mur, ferma la porte de son mouroir et jeta les clés dans la boite aux lettres. Il sorti de l’immeuble et marcha en direction de la sortie de la ville. Il ne voulait pas prendre la moto. Là où il allait, elle ne lui serait d’aucune utilité et, de toute façon, il n’avait plus assez d’argent pour acheter du carburant. Il avançait d’un pas décidé et se retournait de temps à autre pour contempler le paysage sinistre qui l’avait entouré pendant un an. Il n’avait aucun regret. Il avait fait son temps ici. Rien ne le retenait. Ses quelques souvenirs amicaux n’étaient pas suffisamment forts pour qu’il changeât d’avis. Au gré de ses pas, il prenait conscience d’une nouvelle naissance. Fuir lui permettait d’être enfin lui-même, sans faux-semblant. Une fois qu’Il eût traversé la petite ville, il se mit à faire du stop. Une voiture blanche s’arrêta à son niveau. « Tu es en panne de moto ? » lui demanda Giacomo, le pizzaiolo d’en face. « Je n’ai plus d’argent pour l’essence, et je dois me rendre à un entretien d’embauche.» C’était la seule chose qu’Arnaud avait trouvé à répondre. Le voisin avait toujours été sympathique avec le jeune homme. Souvent, il lui offrait les invendus. Arnaud n’était pas à l’aise avec l’idée de mentir, mais sa survie en dépendait. Jusqu’au village suivant, ils discutèrent de banalités puis Arnaud demanda à son chauffeur s’il aurait l’amabilité de le déposer à la sortie du bourg, afin de ne pas avoir à marcher devant l’usine où il aurait théoriquement dû terminer sa journée. Giacomo le lâcha quelques centaines de mètres plus loin, sur un parking au bord de la nationale. Arnaud le remercia et promis de passer le soir-même prendre les lasagnes que son voisin lui promettait. La Clio blanche fit demi-tour. Arnaud releva à nouveau le pouce. La route allait être encore longue. Le soleil était à son zénith. Quelques rares voitures passaient sans s’arrêter. Le jeune homme avait marché quasi deux kilomètres lorsqu’un véhicule utilitaire stoppa à son niveau. À l’intérieur, un homme d’une trentaine d’année, habillé comme un VRP, lui sourit. — « Tu vas où ? — Dijon. — Ce n’est pas ma route, mais je peux te déposer à l’entrée de la rocade, à Vesoul. — C’est parfait, merci. » Arnaud monta dans la voiture où traînaient des papiers professionnels qu’il poussa du siège pour s’asseoir. L’homme était calme. Il questionnait l’auto-stoppeur pour alimenter la conversation. Arnaud lui répondait avec des mensonges. Il préférait s’inventer une vie toute rose, avec une petite amie, des études passionnantes plutôt qu’avouer sa fuite et son absence de perspective. Soudain, quelque chose attira l’attention d’Arnaud sur le tableau de bord. Ça lui rappelait une brochure du sexshop IEM qu’il avait vu chez Damien, son ex-amant qu’il avait quitté un an plus tôt à Belfort. Il ne voulait plus songer au passé, aux blessures. Il voulait devenir quelqu’un d’autre, sans passé meurtri, peut-être sans avenir aussi, qui ne savourerait l’instant présent. La curiosité étant plus forte, il demanda s’il s’agissait de la brochure en question. L’homme sourit puis répondit qu’il ne savait pas. Si Arnaud souhaitait obtenir une réponse, il était invité à regarder dans l’enveloppe.

  • Nombre de pages 206
    Langue french
    Type Livre imprimé en niveaux de gris
    Format A4
    Papier Papier standard
    Couverture Couverture souple
    Reliure Dos carré collé
    Lamination Brillant
    ISBN 978-2-493402-06-6
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