Portraits : Aimable Meuris et L-J Opsomer

Philippe Duponcheel

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Aimable MEURIS est un ferblantier nantais, né à Russeignies en 1760. Après son séjour à Tournai et son tour de France de compagnon, il s’installe à Nantes qui, à la Révolution, devient un bastion républicain. Meuris, meneur, y devient commandant d'un bataillon de volontaires Sans-culottes. En 1793, avec 500 volontaires, il retarda l'avance des troupes vendéennes durant 8 heures, délai qui permit à la défense nantaise de s'organiser face aux royalistes. Il mourut le 14 juillet 1793, au cours d'un duel provoqué par un jeune bourgeois. Né à Russeignies en 1737, Louis-Joseph OPSOMER s’engage à 20 ans dans l’armée française, servit sous Louis XV, Louis XVI et la Révolution. Mis à la retraite en août 1795, il connaîtra encore le Directoire, le Consulat, l’Empire et la Restauration avec l’intermède des Cent-Jours. Il meurt à Metz en 1822.

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  • Mon épouse, Françoise Vandenbussche, est issue d’une vieille famille d’Amougies alors que moi, je suis originaire de Mouscron et ne suis arrivé dans la région que via un travail de bénévolat au home l’Espoir de Russeignies, village limitrophe d’Amougies. En 1978, le journal régional, « Le Courrier de l’Escaut », soucieux de développer son ancrage local, contacta la commune de Mont-de-l’Enclus via son secrétaire communal, Robert Vandenbussche (1922-2015), mon oncle, pour trouver un « correspondant » ... Et me voilà bientôt embarqué dans cette tâche malgré ma formation plutôt scientifique : j’ai certes une scolarité classique (gréco-latine) mais celle-ci a débouché sur une licence en mathématiques à l’UCL ! Et, sur la lancée du journalisme local, quand l’échevine de la culture, Rosine Deraedt, en 1984, voulut créer un « Cercle d’histoire locale », m’en voilà bombardé secrétaire. Dès le départ, nous avons pu bénéficier de l’aide précieuse de deux historiens régionaux chevronnés, Jean-Marie Vlieghe (1938-2008), auteur d’un remarquable travail sur les procès de sorcellerie à Amougies-Russeignies, qui accepta de devenir notre premier président, et Albert Cambier (1922-2010), conservateur et responsable de la crypte de Renaix. « Tu verras, m’avait dit ce dernier, si tu t’intéresses à l’histoire locale, finalement chaque lieu où tu passes dans ton village, te racontera une histoire ». Il avait mille fois raison et le travail qui suit, en est le reflet. Bien que la fusion des communes date déjà de 1977, l’entité de Mont-de-l’Enclus n’a fait l’objet que de peu de publications spécifiques si l’on excepte les quelque 36 bulletins du Cercle d’histoire locale (soit près de 2.500 pages) et quelques textes que j’ai rédigés pour le livre sur la Province du Hainaut aux éditions Racine en 2009. Amougies a fait l’objet d’un livre publié à compte d’auteur par Guy Spillebeen, « Amougies, un Village, des Hommes, une Histoire » en 2011 et le bourgmestre, en 2019, a fait paraître un ouvrage intitulé « Découvrir Mont-de-l’Enclus » aux Editions Wapica, avec de magnifiques illustrations mais, hélas, aussi de nombreuses erreurs dans les commentaires. Une série de sept livres sont consacrés respectivement à Amougies, Anseroeul, Orroir, Russeignies, le mont de l’Enclus (c-à-d l’Enclus du Haut qui fait partie d’Orroir mais qui a été traité séparément en tant que site touristique principal), le domaine de Calmont et le bois de l’Enclus (het Kluisbos). Ceci est donc le dernier volet de la série : sa publication en a été postposée face à l'attente d'aménagements dans le bois côté wallon, projets finalement revus à la baisse par manque de subsidiation et toujours pas réalisés. A noter également deux publications sur des écrits de l’auteur flamand Stijn Streuvels qui s’est inspiré de l’histoire locale de Russeignies dans «De terechtstelling van een onschuldige » (L’exécution d’un innocent) et « De Blijde Dag » (Le Jour Heureux) et deux publications, l’une sur les princes locaux « Les Montmorency-Croisilles à Amougies-Russeignies » et l’autre, un ouvrage collectif consacré aux « Sorcières en Amougies-Russeignies au 17e siècle » Une autre série de quatre livres est également clôturée : elle est consacrée aux paroisses de l’entité de Mont-de-l’Enclus : la paroisse Saint-Brice d’Orroir, la paroisse Saint-Bavon d’Amougies, la paroisse Saint-Paul d’Anseroeul et la paroisse Saint-Amand de Russeignies. Une dernière série aura pour objet les "institutions" présentes dans l'entité. Un premier fascicule est déjà paru ; il est consacré à une institution d'Orroir : le "Home Emmaüs", autrefois "Pensionnat de la Sagesse" ou "l'Institut Saint-Joseph", aujourd'hui maison de repos "La Colline". Un second est en préparation ; il concerne une institution de Russeignies : le "Home l'Espoir", autrefois "le Couvent des Soeurs de la Miséricorde" ou "l'Institut Saint-Antoine" ou encore "les Colonies scolaires de Gand". Une autre série est consacrée aux portraits d'habitants "célèbres" de Mont-de-l'Enclus en commençant par Albert Willecomme, photographe et peintre à Orroir, témoin de l'histoire locale du 20e siècle et un deuxième portrait d'un personnage natif de Russeignies, un village qui vit naître nombre de personnages importants - qui l'eût cru ? - : Mgr Meerschaert (1847-1924) qui fut le premier évêque des Indiens d’Amérique. Le troisième livre de portraits est consacré à deux enfants de Russeignies, un missionnaire et un ophtalmologue qui ont tous deux vécus, loin de leur village natal, au XIXe siècle. Le quatrième livre de portraits est également consacré à deux enfants de Russeignies : un Sans-Culotte, Aimable Meuris, grâce à qui, selon Napoléon, la Révolution française fut sauvée (rien de moins !) et un général, Louis-Joseph Opsomer qui démarra sa carrière sous Louis XV et la termina comme général de brigade commandant d’artillerie de l’armée du Rhin, juste avant le Directoire. Deux portraits concernent la ville voisine, Renaix : celui du Père Philippe, natif de Renaix, rédemptoriste aux idées radicales (1874-1935) et celui de son contemporain, Diedrich Speckmann (1872-1938), un auteur allemand de romans qui fut caserné à Renaix en 1918. Un fascicule décrit le portrait de deux ecclésiastiques proches de l’Enclus, Mgr Ruysschaert et Mgr Descamps, et de trois nafits de Russeignies : Jean-Baptiste Dumoulin, Jean-Marie Vlieghe et l'abbé Philippe Tonneau. Après un ouvrage qui rend hommage à trois combattants pour la Patrie durant la Première Guerre mondiale, en lien avec Amougies, Russeignies et Orroir, et un récit de 8 parachutages qui eurent lieu en 1943, dans les environs du mont de l'Enclus, la série se clôture par le portrait d'Odon Van Pevenaege (1893-1917), habitant d'Anseroeul, grenadier-clairon durant la guerre 14-18, portrait rédigé à partir du journal qu'il a tenu sur le front de l'Yser. Après ces portraits, un tour d'horizon des "pionniers" du tourisme au mont de l'Enclus et de leurs successeurs puis un aperçu de l'évolution du rail entre Russeignies, Amougies et Orroir entre 1863 et 1962 ( et même dans les environs de Mont-de-l'Enclus), quatre ouvrages ont été consacrés aux légendes locales : la légende de l'ermite qui a recueilli un enfant princier, l'a baptisé en lui donnant son propre nom, l'a éduqué ... tellement bien qu'il devint le premier Forestier de Flandre et qu'il fonda les villes de Lille et Bruges, rien que ça !. ... sans oublier la légende des faux monnayeurs et même un roman sur la vie de l'ermite Liedericq. Nous débutons ici une série consacrée aux deux guerres mondiales avec un volet intitulé "Orroir, un lieu de mémoire", un volet intitulé "Mont-de-l'Enclus et sa région entre 1914 et 1918", un troisième volet à propos de la vie quotidienne sous l'Occupation entre 1940 et 1945 à Mont-de-l'Enclus et un quatrième volet qui fait un parallèle entre les deux grandes guerres mondiales à Mont-de-l'Enclus. Deux derniers volets sont consacrés à la Libération. Comme l’histoire ne s’arrête jamais, par la suite, quelqu’un prendra le relais et continuera probablement la tâche sur ces sujets ou sur d’autres. Merci d’avance à lui.

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  • Aimable Joseph MEURIS, fils de Jean-Baptiste Meuris et de Marie-Caroline Duwaut est né en 1760 à Russeignies. L’historien Jules Michelet (1798-1874) lui consacre quelques pages dans son livre HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION FRANCAISE tout comme le site DES ECRITS ET DE L’HISTOIREdans un article très documenté de Christelle Augris intitutlé « Le révolutionnaire Amable Joseph Meuris, un Léonidas sans-culotte ? » Après avoir vécu à Tournai, Aimable Meuris fait probablement un « tour de France » et s’installe à Nantes, comme ferblantier. Très rapidement, Meuris intégra la Société des amis de la Révolution, le club des ouvriers et petits artisans, celui des sans-culottes et des montagnards, fondé par d’ardents patriotes révolutionnaires. Meuris est un meneur qui centralise autour de lui la bravoure résistante de ses concitoyens à qui il apporte sa fougue. En mars 1790, l'administration de Nantes créa « les bataillons Meuris » si utiles à sa défense. En 1792, il devint commandant d’un bataillon de la première légion de la Garde nationale nantaise. A Nantes, la population, essentiellement girondine, pousse par deux fois son administration à s’écarter de l’orthodoxie révolutionnaire mais, chaque fois, le Club des Montagnards eut assez de force pour la ramener à se rétracter. En mars 1793, quand commencent « les Guerres de Vendée », Nantes, acquise aux idées révolutionnaires, constitue d'abord un refuge pour les Républicains des communes insurgées et devient un bastion républicain. Dès le début du soulèvement vendéen en mars 1793, les paysans-soldats remportent des succès impressionnants : au bout de deux mois, la rive gauche de la Loire, au sud, est sous le contrôle des insurgés. Au Nord de Nantes, au poste républicain de Nort, l’officier Meuris commande 1.000 volontaires nantais qui doivent défendre l’entrée de la ville ; l’Armée catholique et royale est retenue par cette résistance inattendue. Michelet décrit les choses ainsi : « L’Erdre sépare Nort en deux parties. Meuris fait couper le pont pour empêcher l'avance des Vendéens et met en place les deux canons dont il dispose. Une colonne de l'armée royaliste arrive le 27 au soir et trouve le pont coupé. La fusillade commence. (…) Nort n'a ni mur ni fossé, sauf l'Erdre qui passe devant, et elle tint toute une nuit. A la vivacité du feu, les Vendéens ne soupçonnèrent pas le petit nombre de ses défenseurs. (…) Si Meuris n'avait tenu huit heures à Nort, les Vendéens seraient arrivés le soir, et le combat eût commencé, comme il était dit, à deux heures de nuit, un moment avant le jour. Il ne commença que fort tard, à dix heures, en pleine et chaude matinée. » A propos de la défense de la ville de Nantes en 1793, Michelet dit : « Un bateau ramena par l'Erdre ce qui restait du glorieux, de l'infortuné bataillon Meuris : une trentaine d'hommes sur cinq cents. Le bataillon avait tenu son serment. Il s'ensevelit à Nort, pour donner huit heures de délai à la ville de Nantes. L'attaque, ainsi retardée, manqua ; Nantes fut sauvée. Disons mieux, la France le fut. Son salut, dit Napoléon, tenait au salut de Nantes ». Louis- Joseph OPSOMER, né à Russeignies, le 27 février 1737, est - canonnier au corps de l’artillerie, bataillon d’Aumale, le 19 mars 1757 ; - servit en Hanovre de 1757 à 1762 ; - sergent, le 5 septembre 1761 ; - lieutenant en second, le 15 octobre 1765 ; - porte-drapeau par changement d’ordonnance en décembre 1772 ; - adjudant, le 1er novembre 1774 ; - quartier-maître trésorier, le 7 février 1778 ; - capitaine commissionné, le 9 août 1781 ; - adjudant-major au régiment d’artillerie de Toul (devenu en 1791, 7° d’artillerie), le 18 août 1786 ; - chevalier de Saint-Louis, le 30 juin 1789 ; - capitaine-commandant, le 1er avril 1791, à l’armée du Rhin ; - chef de bataillon, le 5 août 1793 ; - chef de brigade directeur de l’artillerie à Strasbourg, le 30 septembre 1793 ; - nommé provisoirement par le représentant du peuple MERLIN de THIONVILLE général de brigade commandant d’artillerie de l’armée du Rhin devant Mayence, le 31 décembre 1794. C’est donc une vieille « culotte de peau » qui rejoint les drapeaux de la Révolution comme commandant en 1791. Il avait décroché la chevalerie de Saint-Louis juste avant la fin ( le 30 juin 1789) et termina sa carrière comme général de brigade, commandant de l’Armée du Rhin. Non compris dans la réorganisation des états-majors du 13 juin 1795, il cessa ses fonctions le 2 août 1795, obtint une pension de 3.000 livres, le 16 juin 1797, puis sa retraite de 2.877 Francs, à compter du 23 septembre 1799. Né en 1737, Louis-Joseph OPSOMER s’est donc engagé à 20 ans dans l’armée française (en 1757) ; il a servi sous Louis XV, Louis XVI et la Révolution. Mis à la retraite en août 1795, peu avant le début du Directoire (27 octobre 1795), il connaîtra encore le Consulat, l’Empire et la Restauration avec l’intermède des Cent-Jours, puisqu’il meurt à Metz le 28 avril 1822.

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    Language french
    Type Book printed in color
    Format A4
    Paper Standard paper
    Cover Soft cover
    Binding Sewn perfect binding (linen thread)
    Lamination Glossy
    ISBN 978-2-8083-3522-5 9782808335225