Huit parachutages au pied de l'Enclus... en 1943

Philippe Duponcheel

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6 terrains seront utilisés en Hainaut, à Celles (derrière le Grand Châtelet), Velaines (derrière l’église), Molenbaix (château St-Antoine et Grand Fresnoy) et Ramegnies-Chin (près du château du Vicomte Cossée de Maulde) et un en Flandre occidentale, à Avelgem (à sa « frontière » avec Otegem). Le matériel destiné à l’Armée Secrète (AS) sera acheminé en 8 parachutages entre le 18 janvier et mai 1943. Les opérations seront dirigées depuis le château inoccupé « le Grand Châtelet » à Celles. Le récit de ces opérations est raconté par le chef de la mission, le capitaine britannique Latimer et nous a été transmis grâce à Christel Wauters d’Orroir, chef du groupe 49 de l’AS, secteur A20 (refuge Le Pinson). Pas de récits emphatiques, un rapport quasi militaire mais tout dans ce texte fait revivre le courage tranquille des combattants de l’ombre.

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  • Mon épouse, Françoise Vandenbussche, est issue d’une vieille famille d’Amougies alors que moi, je suis originaire de Mouscron et ne suis arrivé dans la région que via un travail de bénévolat au home l’Espoir de Russeignies, village limitrophe d’Amougies. En 1978, le journal régional, « Le Courrier de l’Escaut », soucieux de développer son ancrage local, contacta la commune de Mont-de-l’Enclus via son secrétaire communal, Robert Vandenbussche (1922-2015), mon oncle, pour trouver un « correspondant » ... Et me voilà bientôt embarqué dans cette tâche malgré ma formation plutôt scientifique : j’ai certes une scolarité classique (gréco-latine) mais celle-ci a débouché sur une licence en mathématiques à l’UCL ! Et, sur la lancée du journalisme local, quand l’échevine de la culture, Rosine Deraedt, en 1984, voulut créer un « Cercle d’histoire locale », m’en voilà bombardé secrétaire. Dès le départ, nous avons pu bénéficier de l’aide précieuse de deux historiens régionaux chevronnés, Jean-Marie Vlieghe (1938-2008), auteur d’un remarquable travail sur les procès de sorcellerie à Amougies-Russeignies, qui accepta de devenir notre premier président, et Albert Cambier (1922-2010), conservateur et responsable de la crypte de Renaix. « Tu verras, m’avait dit ce dernier, si tu t’intéresses à l’histoire locale, finalement chaque lieu où tu passes dans ton village, te racontera une histoire ». Il avait mille fois raison et le travail qui suit, en est le reflet. Bien que la fusion des communes date déjà de 1977, l’entité de Mont-de-l’Enclus n’a fait l’objet que de peu de publications spécifiques si l’on excepte les quelque 36 bulletins du Cercle d’histoire locale (soit près de 2.500 pages) et quelques textes que j’ai rédigés pour le livre sur la Province du Hainaut aux éditions Racine en 2009. Amougies a fait l’objet d’un livre publié à compte d’auteur par Guy Spillebeen, « Amougies, un Village, des Hommes, une Histoire » en 2011 et le bourgmestre, en 2019, a fait paraître un ouvrage intitulé « Découvrir Mont-de-l’Enclus » aux Editions Wapica, avec de magnifiques illustrations mais, hélas, aussi de nombreuses erreurs dans les commentaires. Une série de sept livres sont consacrés respectivement à Amougies, Anseroeul, Orroir, Russeignies, le mont de l’Enclus (c-à-d l’Enclus du Haut qui fait partie d’Orroir mais qui a été traité séparément en tant que site touristique principal), le domaine de Calmont et le bois de l’Enclus (het Kluisbos). Ceci est donc le dernier volet de la série : sa publication en a été postposée face à l'attente d'aménagements dans le bois côté wallon, projets finalement revus à la baisse par manque de subsidiation et toujours pas réalisés. A noter également deux publications sur des écrits de l’auteur flamand Stijn Streuvels qui s’est inspiré de l’histoire locale de Russeignies dans «De terechtstelling van een onschuldige » (L’exécution d’un innocent) et « De Blijde Dag » (Le Jour Heureux) et deux publications, l’une sur les princes locaux « Les Montmorency-Croisilles à Amougies-Russeignies » et l’autre, un ouvrage collectif consacré aux « Sorcières en Amougies-Russeignies au 17e siècle » Une autre série de quatre livres est également clôturée : elle est consacrée aux paroisses de l’entité de Mont-de-l’Enclus : la paroisse Saint-Brice d’Orroir, la paroisse Saint-Bavon d’Amougies, la paroisse Saint-Paul d’Anseroeul et la paroisse Saint-Amand de Russeignies. Une dernière série aura pour objet les "institutions" présentes dans l'entité. Un premier fascicule est déjà paru ; il est consacré à une institution d'Orroir : le "Home Emmaüs", autrefois "Pensionnat de la Sagesse" ou "l'Institut Saint-Joseph", aujourd'hui maison de repos "La Colline". Un second est en préparation ; il concerne une institution de Russeignies : le "Home l'Espoir", autrefois "le Couvent des Soeurs de la Miséricorde" ou "l'Institut Saint-Antoine" ou encore "les Colonies scolaires de Gand". Une autre série est consacrée aux portraits d'habitants "célèbres" de Mont-de-l'Enclus en commençant par Albert Willecomme, photographe et peintre à Orroir, témoin de l'histoire locale du 20e siècle et un deuxième portrait d'un personnage natif de Russeignies, un village qui vit naître nombre de personnages importants - qui l'eût cru ? - : Mgr Meerschaert (1847-1924) qui fut le premier évêque des Indiens d’Amérique. Le troisième livre de portraits est consacré à deux enfants de Russeignies, un missionnaire et un ophtalmologue qui ont tous deux vécus, loin de leur village natal, au XIXe siècle. Le quatrième livre de portraits est également consacré à deux enfants de Russeignies : un Sans-Culotte, Aimable Meuris, grâce à qui, selon Napoléon, la Révolution française fut sauvée (rien de moins !) et un général, Louis-Joseph Opsomer qui démarra sa carrière sous Louis XV et la termina comme général de brigade commandant d’artillerie de l’armée du Rhin, juste avant le Directoire. Deux portraits concernent la ville voisine, Renaix : celui du Père Philippe, natif de Renaix, rédemptoriste aux idées radicales (1874-1935) et celui de son contemporain, Diedrich Speckmann (1872-1938), un auteur allemand de romans qui fut caserné à Renaix en 1918. Un fascicule décrit le portrait de deux ecclésiastiques proches de l’Enclus, Mgr Ruysschaert et Mgr Descamps, et de trois nafits de Russeignies : Jean-Baptiste Dumoulin, Jean-Marie Vlieghe et l'abbé Philippe Tonneau. Après un ouvrage qui rend hommage à trois combattants pour la Patrie durant la Première Guerre mondiale, en lien avec Amougies, Russeignies et Orroir, et un récit de 8 parachutages qui eurent lieu en 1943, dans les environs du mont de l'Enclus, la série se clôture par le portrait d'Odon Van Pevenaege (1893-1917), habitant d'Anseroeul, grenadier-clairon durant la guerre 14-18, portrait rédigé à partir du journal qu'il a tenu sur le front de l'Yser. Après ces portraits, un tour d'horizon des "pionniers" du tourisme au mont de l'Enclus et de leurs successeurs puis un aperçu de l'évolution du rail entre Russeignies, Amougies et Orroir entre 1863 et 1962 ( et même dans les environs de Mont-de-l'Enclus), quatre ouvrages ont été consacrés aux légendes locales : la légende de l'ermite qui a recueilli un enfant princier, l'a baptisé en lui donnant son propre nom, l'a éduqué ... tellement bien qu'il devint le premier Forestier de Flandre et qu'il fonda les villes de Lille et Bruges, rien que ça !. ... sans oublier la légende des faux monnayeurs et même un roman sur la vie de l'ermite Liedericq. Nous débutons ici une série consacrée aux deux guerres mondiales avec un volet intitulé "Orroir, un lieu de mémoire", un volet intitulé "Mont-de-l'Enclus et sa région entre 1914 et 1918", un troisième volet à propos de la vie quotidienne sous l'Occupation entre 1940 et 1945 à Mont-de-l'Enclus et un quatrième volet qui fait un parallèle entre les deux grandes guerres mondiales à Mont-de-l'Enclus. Deux derniers volets sont consacrés à la Libération. Comme l’histoire ne s’arrête jamais, par la suite, quelqu’un prendra le relais et continuera probablement la tâche sur ces sujets ou sur d’autres. Merci d’avance à lui.

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  • Les parachutages d’armes en 1943 au pied du mont de l’Enclus Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les parachutages d’armes et de matériel pour l’Armée Secrète (A.S.) dans la Zone III (Flandres occidentale et orientale) ont été très rares. Peut-être doit-on imputer cela à la présence d’une importante défense aérienne allemande dans la province de Flandre occidentale. Néanmoins, dans la deuxième moitié du mois d’août 1944, la B.B.C. annonçait un parachutage pour le lieudit « Le grèbe – De doodaars » à Waregem. Sur un terrain on attendra en vain la réception. La zone de combat était-elle alors trop proche ? Le parachutage n’eut pas lieu. Sur le sol de la Flandre occidentale, il n’y eut qu’un seul largage d’armes par la R.A.F. et ces armes étaient destinées à la Zone I du Hainaut. Le samedi 17 avril 1943, le jour précédant le dimanche des Rameaux, à 19 h 15, la B.B.C. communique le message : « L’écureuil aime les noix – Het eekhoorntje lust nootjes ». Pour Maurice Velghe, un garagiste d’Avelgem, cela signifie : « Attention, la nuit prochaine, des armes seront parachutées à Avelgem ». La préparation de cette opération commence en mai 1940. Le jeudi 16 mai 1940, Raoul Latimer, sujet britannique, 24 ans, quitte son habitation d’Anvers pour retourner en Angleterre. Quand les Allemands envahissent la Belgique le 10 mai 1940, Raoul réside depuis 10 ans dans notre pays et y travaille en tant qu’ingénieur dans une entreprise de Zwevegem. A Londres, le Deuxième Bureau du Ministère Belge de la Défense Nationale qui a autorité sur l’Armée Secrète, convoque le capitaine britannique Raoul Latimer à la Section de Londres et lui communique qu’il est envoyé en mission en Belgique. Il lui donne une montagne de documentation sur la situation dans le pays occupé : depuis son départ en mai 1940, beaucoup de choses y ont changé. Sa mission : organiser des parachutages dans les régions de Courtrai, de Gand et de Tournai. Objectif : fournir les armes, les munitions, les explosifs et le matériel nécessaire au combat de guérilla pour l’Armée Secrète de cette région, à savoir la Section 49 ( Avelgem-Waarmaarde-Berchem-Ruien et Orroir ), la Section 50 ( Sint Denijs-Kooigem-Helchin ) et la Section 60 ( Dottignies-Espierres ) du Secteur A 20 – Zone I En 1943, la Légion Belge, devenue l’Armée de Belgique, se dote d’une structure scindée en 5 zones. Notre région est reprise dans la zone I, « secteur A 20». Le commandant belge qui prépare leur mission, leur donne des adresses de contact où il espère pouvoir trouver de l’aide : cela va de l’adresse d’industriels de Courtrai et de Gand à celle du Couvent des Oblats à Velaines en passant par le château de Mademoiselle Germaine de la Croix d’Ogimont à Velaines. Le 16 novembre 1942, les deux capitaines sont parachutés près du château de Melle d’Ogimont. L’aventure commence. A Gand et à Courtrai, le capitaine Latimer ne rencontre pas le soutien nécessaire chez ses contacts locaux et, de plus, il estime que l’environnement de ces deux villes n’est ni adéquat ni sûr pour des parachutages. Par contre, dans le Nord-Ouest du Hainaut, il trouve de vastes étendues de terres et des villages où ne se trouvent ni artillerie anti-aérienne ni troupes allemandes. Il transmet à Londres les coordonnées de sept zones de parachutage et la R.A.F. accepte. Les personnages se mettent en place : à Velaines, Melle d’Ogimont et chez les Oblats, le Père Milo Carez et le Père du Bois ; leurs amis de Celles, M. et Mme Gérard Pieters ; au château Saint-Antoine de Molenbaix, la baronne Marie de Pélichy ; un ami de Melle d’Ogimont, le vicomte Vincent Cossée de Maulde, au château de Ramegnies-Chin ; un ami de Milo, le boulanger-cafetier Joseph Samper ; un ami de Gérard à Avelgem, le garagiste Maurice Velghe ; etc. Six terrains seront utilisés en Hainaut, à Celles (derrière le Grand Châtelet), Velaines (derrière l’église), Molenbaix (château Saint-Antoine et Grand Fresnoy) et Ramegnies-Chin (près du château du Vicomte Cossée de Maulde) et un en Flandre occidentale, à Avelgem (à sa « frontière » avec Otegem). Le matériel destiné à l’Armée Secrète sera acheminé en huit parachutages entre le 18 janvier et mai 1943. Les opérations seront dirigées depuis le château inoccupé « le Grand Châtelet » à Celles, propriété de la famille de Cambry de Baudimont. Le récit authentique de ces opérations a été raconté par le chef de la mission, le capitaine britannique Latimer et nous a été transmis grâce à Christel Wauters qui était le chef du groupe 49, secteur A 20 (refuge Le Pinson). Christel Wauters d’Orroir nous livre la narration toute simple des témoins ou des acteurs de ces actions. Pas de récits triomphants ou emphatiques. Un texte qui frise parfois la sécheresse d’un rapport militaire ; mais tout dans ce texte fait revivre le courage tranquille, la détermination farouche des combattants de l’ombre. Parfois transparaît leur côté juvénile. Parfois une pointe d’humour apporte aussi de quoi adoucir l’amertume du quotidien qui pouvait – et ils en étaient conscients – à tout moment, tourner en tragédie. Le Cercle d’Histoire Locale présente ici les multiples facettes de cette épopée qui s’est déroulée dans la région du mont de l’Enclus. C’est pour lui l’occasion de rendre hommage à un citoyen de la commune, Christel Wauters, qui, comme le Cercle a toujours cherché à le faire, a tenu à transmettre « la véritable nature » des faits afin d’ « éviter qu’à l’avenir on écrive une histoire déformée par la fantaisie de quelques-uns » … Et pourtant, tout ici ferait les délices du plus exigeant des scénaristes de cinéma !

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    Language french
    Type Book printed in color
    Format A4
    Paper Standard paper
    Cover Soft cover
    Binding Sewn perfect binding (linen thread)
    Lamination Glossy
    ISBN 978-2-8083-3695-6 9782808336956