Portrait : Odon Van Pevenaege, clairon en 14-18

Philippe Duponcheel

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Odon van Pevenaege est né à Maarke-Kerkem en 1893. Après l’incendie de leur ferme en 1906, sa famille s’installe à Anseroeul. En 1913, Odon rejoint le 1er Régiment des grenadiers. Comme il fait partie de la musique du village, il est nommé clairon. Son bilinguisme l’amène à servir d’intermédiaire entre les jeunes flamands unilingues et les officiers francophones. Odon commence à tenir son « journal » le 10 août 1914 dans un petit cahier noir destiné, comme il l’écrit bien, à être remis à sa famille ! Odon est « tué, des éclats d’obus dans la poitrine" le 15 juillet 1917 à Sint-Jacobs-Kapelle sur l’Yser. Il est inhumé près de l’hôpital militaire. Son compagnon d'armes et cousin Cyriel emporte chez lui en 1918 ce journal qui résume toute la guerre. En 1922, sa famille choisit de faire transférer sa dépouille dans le cimetière d’Anseroeul.

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  • Mon épouse, Françoise Vandenbussche, est issue d’une vieille famille d’Amougies alors que moi, je suis originaire de Mouscron et ne suis arrivé dans la région que via un travail de bénévolat au home l’Espoir de Russeignies, village limitrophe d’Amougies. En 1978, le journal régional, « Le Courrier de l’Escaut », soucieux de développer son ancrage local, contacta la commune de Mont-de-l’Enclus via son secrétaire communal, Robert Vandenbussche (1922-2015), mon oncle, pour trouver un « correspondant » ... Et me voilà bientôt embarqué dans cette tâche malgré ma formation plutôt scientifique : j’ai certes une scolarité classique (gréco-latine) mais celle-ci a débouché sur une licence en mathématiques à l’UCL ! Et, sur la lancée du journalisme local, quand l’échevine de la culture, Rosine Deraedt, en 1984, voulut créer un « Cercle d’histoire locale », m’en voilà bombardé secrétaire. Dès le départ, nous avons pu bénéficier de l’aide précieuse de deux historiens régionaux chevronnés, Jean-Marie Vlieghe (1938-2008), auteur d’un remarquable travail sur les procès de sorcellerie à Amougies-Russeignies, qui accepta de devenir notre premier président, et Albert Cambier (1922-2010), conservateur et responsable de la crypte de Renaix. « Tu verras, m’avait dit ce dernier, si tu t’intéresses à l’histoire locale, finalement chaque lieu où tu passes dans ton village, te racontera une histoire ». Il avait mille fois raison et le travail qui suit, en est le reflet. Bien que la fusion des communes date déjà de 1977, l’entité de Mont-de-l’Enclus n’a fait l’objet que de peu de publications spécifiques si l’on excepte les quelque 36 bulletins du Cercle d’histoire locale (soit près de 2.500 pages) et quelques textes que j’ai rédigés pour le livre sur la Province du Hainaut aux éditions Racine en 2009. Amougies a fait l’objet d’un livre publié à compte d’auteur par Guy Spillebeen, « Amougies, un Village, des Hommes, une Histoire » en 2011 et le bourgmestre, en 2019, a fait paraître un ouvrage intitulé « Découvrir Mont-de-l’Enclus » aux Editions Wapica, avec de magnifiques illustrations mais, hélas, aussi de nombreuses erreurs dans les commentaires. Une série de sept livres sont consacrés respectivement à Amougies, Anseroeul, Orroir, Russeignies, le mont de l’Enclus (c-à-d l’Enclus du Haut qui fait partie d’Orroir mais qui a été traité séparément en tant que site touristique principal), le domaine de Calmont et le bois de l’Enclus (het Kluisbos). Ceci est donc le dernier volet de la série : sa publication en a été postposée face à l'attente d'aménagements dans le bois côté wallon, projets finalement revus à la baisse par manque de subsidiation et toujours pas réalisés. A noter également deux publications sur des écrits de l’auteur flamand Stijn Streuvels qui s’est inspiré de l’histoire locale de Russeignies dans «De terechtstelling van een onschuldige » (L’exécution d’un innocent) et « De Blijde Dag » (Le Jour Heureux) et deux publications, l’une sur les princes locaux « Les Montmorency-Croisilles à Amougies-Russeignies » et l’autre, un ouvrage collectif consacré aux « Sorcières en Amougies-Russeignies au 17e siècle » Une autre série de quatre livres est également clôturée : elle est consacrée aux paroisses de l’entité de Mont-de-l’Enclus : la paroisse Saint-Brice d’Orroir, la paroisse Saint-Bavon d’Amougies, la paroisse Saint-Paul d’Anseroeul et la paroisse Saint-Amand de Russeignies. Une dernière série aura pour objet les "institutions" présentes dans l'entité. Un premier fascicule est déjà paru ; il est consacré à une institution d'Orroir : le "Home Emmaüs", autrefois "Pensionnat de la Sagesse" ou "l'Institut Saint-Joseph", aujourd'hui maison de repos "La Colline". Un second est en préparation ; il concerne une institution de Russeignies : le "Home l'Espoir", autrefois "le Couvent des Soeurs de la Miséricorde" ou "l'Institut Saint-Antoine" ou encore "les Colonies scolaires de Gand". Une autre série est consacrée aux portraits d'habitants "célèbres" de Mont-de-l'Enclus en commençant par Albert Willecomme, photographe et peintre à Orroir, témoin de l'histoire locale du 20e siècle et un deuxième portrait d'un personnage natif de Russeignies, un village qui vit naître nombre de personnages importants - qui l'eût cru ? - : Mgr Meerschaert (1847-1924) qui fut le premier évêque des Indiens d’Amérique. Le troisième livre de portraits est consacré à deux enfants de Russeignies, un missionnaire et un ophtalmologue qui ont tous deux vécus, loin de leur village natal, au XIXe siècle. Le quatrième livre de portraits est également consacré à deux enfants de Russeignies : un Sans-Culotte, Aimable Meuris, grâce à qui, selon Napoléon, la Révolution française fut sauvée (rien de moins !) et un général, Louis-Joseph Opsomer qui démarra sa carrière sous Louis XV et la termina comme général de brigade commandant d’artillerie de l’armée du Rhin, juste avant le Directoire. Deux portraits concernent la ville voisine, Renaix : celui du Père Philippe, natif de Renaix, rédemptoriste aux idées radicales (1874-1935) et celui de son contemporain, Diedrich Speckmann (1872-1938), un auteur allemand de romans qui fut caserné à Renaix en 1918. Un fascicule décrit le portrait de deux ecclésiastiques proches de l’Enclus, Mgr Ruysschaert et Mgr Descamps, et de trois nafits de Russeignies : Jean-Baptiste Dumoulin, Jean-Marie Vlieghe et l'abbé Philippe Tonneau. Après un ouvrage qui rend hommage à trois combattants pour la Patrie durant la Première Guerre mondiale, en lien avec Amougies, Russeignies et Orroir, et un récit de 8 parachutages qui eurent lieu en 1943, dans les environs du mont de l'Enclus, la série se clôture par le portrait d'Odon Van Pevenaege (1893-1917), habitant d'Anseroeul, grenadier-clairon durant la guerre 14-18, portrait rédigé à partir du journal qu'il a tenu sur le front de l'Yser. Après ces portraits, un tour d'horizon des "pionniers" du tourisme au mont de l'Enclus et de leurs successeurs puis un aperçu de l'évolution du rail entre Russeignies, Amougies et Orroir entre 1863 et 1962 ( et même dans les environs de Mont-de-l'Enclus), quatre ouvrages ont été consacrés aux légendes locales : la légende de l'ermite qui a recueilli un enfant princier, l'a baptisé en lui donnant son propre nom, l'a éduqué ... tellement bien qu'il devint le premier Forestier de Flandre et qu'il fonda les villes de Lille et Bruges, rien que ça !. ... sans oublier la légende des faux monnayeurs et même un roman sur la vie de l'ermite Liedericq. Nous débutons ici une série consacrée aux deux guerres mondiales avec un volet intitulé "Orroir, un lieu de mémoire", un volet intitulé "Mont-de-l'Enclus et sa région entre 1914 et 1918", un troisième volet à propos de la vie quotidienne sous l'Occupation entre 1940 et 1945 à Mont-de-l'Enclus et un quatrième volet qui fait un parallèle entre les deux grandes guerres mondiales à Mont-de-l'Enclus. Deux derniers volets sont consacrés à la Libération. Comme l’histoire ne s’arrête jamais, par la suite, quelqu’un prendra le relais et continuera probablement la tâche sur ces sujets ou sur d’autres. Merci d’avance à lui.

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  • Odon van Pevenaege est né à Maarke-Kerkem en 1893. Après l’incendie de leur ferme en 1906, sa famille s’installe à Anseroeul. Le 16 septembre 1913, il doit rejoindre l’armée où il est incorporé au premier régiment des grenadiers. Comme il faisait partie de la musique du village, il fut rapidement utilisé comme clairon. Son bilinguisme va également l’amener à occuper un poste intéressant, intermédiaire idéal entre les jeunes flamands unilingues et les officiers « vlaamsonkundige » (ignorant le flamand). Il écrira « Ik ben Vlaming en de ordonnans van de kapitein kent geen vlaams » (je suis Flamand et l’ordonnance du capitaine ne connaît pas le flamand) ! … Odon commence à tenir son « journal » le 10 août 1914 dans un petit cahier noir. Il rédige son texte en flamand mais les termes spécifiquement militaires sont en français, avec comme remarque « pour les Flamands, la même chose »… Odon tient une chronique précise des combats et de son emploi du temps mais ne fait aucune allusion aux conditions difficiles de la vie de soldat : pas de boues, pas de rats, pas ou peu d’alcool (des gourdes de bière et une fois du vin à 2 fr), pas de filles (sauf une mère de famille de Waelhem qui l’héberge le 21 août 14, deux gentilles filles à Saint Amand le 29 septembre 14, les Religieuses du Congo à Anvers et les mystérieuses Marthe, Adeline et Solange de Thou-Le-S en mai 17 dont la photo, disparue aujourd’hui, figurait dans le carnet avec la note en français « souvenir d’un agréable séjour de mai »). Son carnet est destiné, comme il l’a écrit lui-même bien en évidence, à être remis à sa famille ! Il décède à l'âge de 24 ans en 1917. Son compagnon d'armes et cousin Cyriel emporte chez lui en 1918 ce journal qui résume toute la guerre et la fait revivre. Le 27 mai 2009, le journal a été donné par sa nièce au Musée « In Flanders Fields » à Ypres où une vitrine lui est consacrée. Le 26 septembre de la même année, le texte du journal est publié par l'éditeur Lannoo sous le titre « Odon, journal d'un soldat de l'IJzerfront » où est illustré le fac-similé du carnet. En 2013, le Cercle d’histoire locale de Mont-de-l’Enclus a publié sa traduction en français (traduction reprise ici).

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    Language french
    Type Book printed in color
    Format A4
    Paper Standard paper
    Cover Soft cover
    Binding Sewn perfect binding (linen thread)
    Lamination Glossy
    ISBN 978-2-8083-3745-8 9782808337458