Le rail à Mont-de-l'Enclus et dans sa région

Philippe Duponcheel

Illustration of the book : Le rail à Mont-de-l'Enclus et dans sa région

1864 : 2 projets de ligne internationale de chemin de fer font la part belle à Amougies … jamais réalisés. La ligne Courtrai-Renaix (via Avelgem, Orroir, Amougies) est ouverte en juin 1869. A Amougies vient se brancher la section vers Tournai, ouverte en 2 temps : Amougies-Pecq en juin et Pecq-Tournai en novembre 1882. Les anecdotes sont légions (réclamations, déraillements, accidents, tirs) tout comme les rencontres (machiniste, rattacheur de wagons, chef de gare, porteur, chef-piqueur-espion, piocheur …) ou les souvenirs d’archéologie industrielle (triangles ferroviaires utiles en 1914, raccordements pour des usines, transport de betteraves/chicorée, en 44 surveillance des voies). 1958 dernier train à vapeur, 1962 dernier train, 1974 désaffectation des voies, 1984 démolition du pont sur l’Escaut, 2014 passerelle sur l’Escaut et RAVeL.

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  • Mon épouse, Françoise Vandenbussche, est issue d’une vieille famille d’Amougies alors que moi, je suis originaire de Mouscron et ne suis arrivé dans la région que via un travail de bénévolat au home l’Espoir de Russeignies, village limitrophe d’Amougies. En 1978, le journal régional, « Le Courrier de l’Escaut », soucieux de développer son ancrage local, contacta la commune de Mont-de-l’Enclus via son secrétaire communal, Robert Vandenbussche (1922-2015), mon oncle, pour trouver un « correspondant » ... Et me voilà bientôt embarqué dans cette tâche malgré ma formation plutôt scientifique : j’ai certes une scolarité classique (gréco-latine) mais celle-ci a débouché sur une licence en mathématiques à l’UCL ! Et, sur la lancée du journalisme local, quand l’échevine de la culture, Rosine Deraedt, en 1984, voulut créer un « Cercle d’histoire locale », m’en voilà bombardé secrétaire. Dès le départ, nous avons pu bénéficier de l’aide précieuse de deux historiens régionaux chevronnés, Jean-Marie Vlieghe (1938-2008), auteur d’un remarquable travail sur les procès de sorcellerie à Amougies-Russeignies, qui accepta de devenir notre premier président, et Albert Cambier (1922-2010), conservateur et responsable de la crypte de Renaix. « Tu verras, m’avait dit ce dernier, si tu t’intéresses à l’histoire locale, finalement chaque lieu où tu passes dans ton village, te racontera une histoire ». Il avait mille fois raison et le travail qui suit, en est le reflet. Bien que la fusion des communes date déjà de 1977, l’entité de Mont-de-l’Enclus n’a fait l’objet que de peu de publications spécifiques si l’on excepte les quelque 36 bulletins du Cercle d’histoire locale (soit près de 2.500 pages) et quelques textes que j’ai rédigés pour le livre sur la Province du Hainaut aux éditions Racine en 2009. Amougies a fait l’objet d’un livre publié à compte d’auteur par Guy Spillebeen, « Amougies, un Village, des Hommes, une Histoire » en 2011 et le bourgmestre, en 2019, a fait paraître un ouvrage intitulé « Découvrir Mont-de-l’Enclus » aux Editions Wapica, avec de magnifiques illustrations mais, hélas, aussi de nombreuses erreurs dans les commentaires. Une série de sept livres sont consacrés respectivement à Amougies, Anseroeul, Orroir, Russeignies, le mont de l’Enclus (c-à-d l’Enclus du Haut qui fait partie d’Orroir mais qui a été traité séparément en tant que site touristique principal), le domaine de Calmont et le bois de l’Enclus (het Kluisbos). Ceci est donc le dernier volet de la série : sa publication en a été postposée face à l'attente d'aménagements dans le bois côté wallon, projets finalement revus à la baisse par manque de subsidiation et toujours pas réalisés. A noter également deux publications sur des écrits de l’auteur flamand Stijn Streuvels qui s’est inspiré de l’histoire locale de Russeignies dans «De terechtstelling van een onschuldige » (L’exécution d’un innocent) et « De Blijde Dag » (Le Jour Heureux) et deux publications, l’une sur les princes locaux « Les Montmorency-Croisilles à Amougies-Russeignies » et l’autre, un ouvrage collectif consacré aux « Sorcières en Amougies-Russeignies au 17e siècle » Une autre série de quatre livres est également clôturée : elle est consacrée aux paroisses de l’entité de Mont-de-l’Enclus : la paroisse Saint-Brice d’Orroir, la paroisse Saint-Bavon d’Amougies, la paroisse Saint-Paul d’Anseroeul et la paroisse Saint-Amand de Russeignies. Une dernière série aura pour objet les "institutions" présentes dans l'entité. Un premier fascicule est déjà paru ; il est consacré à une institution d'Orroir : le "Home Emmaüs", autrefois "Pensionnat de la Sagesse" ou "l'Institut Saint-Joseph", aujourd'hui maison de repos "La Colline". Un second est en préparation ; il concerne une institution de Russeignies : le "Home l'Espoir", autrefois "le Couvent des Soeurs de la Miséricorde" ou "l'Institut Saint-Antoine" ou encore "les Colonies scolaires de Gand". Une autre série est consacrée aux portraits d'habitants "célèbres" de Mont-de-l'Enclus en commençant par Albert Willecomme, photographe et peintre à Orroir, témoin de l'histoire locale du 20e siècle et un deuxième portrait d'un personnage natif de Russeignies, un village qui vit naître nombre de personnages importants - qui l'eût cru ? - : Mgr Meerschaert (1847-1924) qui fut le premier évêque des Indiens d’Amérique. Le troisième livre de portraits est consacré à deux enfants de Russeignies, un missionnaire et un ophtalmologue qui ont tous deux vécus, loin de leur village natal, au XIXe siècle. Le quatrième livre de portraits est également consacré à deux enfants de Russeignies : un Sans-Culotte, Aimable Meuris, grâce à qui, selon Napoléon, la Révolution française fut sauvée (rien de moins !) et un général, Louis-Joseph Opsomer qui démarra sa carrière sous Louis XV et la termina comme général de brigade commandant d’artillerie de l’armée du Rhin, juste avant le Directoire. Deux portraits concernent la ville voisine, Renaix : celui du Père Philippe, natif de Renaix, rédemptoriste aux idées radicales (1874-1935) et celui de son contemporain, Diedrich Speckmann (1872-1938), un auteur allemand de romans qui fut caserné à Renaix en 1918. Un fascicule décrit le portrait de deux ecclésiastiques proches de l’Enclus, Mgr Ruysschaert et Mgr Descamps, et de trois nafits de Russeignies : Jean-Baptiste Dumoulin, Jean-Marie Vlieghe et l'abbé Philippe Tonneau. Après un ouvrage qui rend hommage à trois combattants pour la Patrie durant la Première Guerre mondiale, en lien avec Amougies, Russeignies et Orroir, et un récit de 8 parachutages qui eurent lieu en 1943, dans les environs du mont de l'Enclus, la série se clôture par le portrait d'Odon Van Pevenaege (1893-1917), habitant d'Anseroeul, grenadier-clairon durant la guerre 14-18, portrait rédigé à partir du journal qu'il a tenu sur le front de l'Yser. Après ces portraits, un tour d'horizon des "pionniers" du tourisme au mont de l'Enclus et de leurs successeurs puis un aperçu de l'évolution du rail entre Russeignies, Amougies et Orroir entre 1863 et 1962 ( et même dans les environs de Mont-de-l'Enclus), quatre ouvrages ont été consacrés aux légendes locales : la légende de l'ermite qui a recueilli un enfant princier, l'a baptisé en lui donnant son propre nom, l'a éduqué ... tellement bien qu'il devint le premier Forestier de Flandre et qu'il fonda les villes de Lille et Bruges, rien que ça !. ... sans oublier la légende des faux monnayeurs et même un roman sur la vie de l'ermite Liedericq. Nous débutons ici une série consacrée aux deux guerres mondiales avec un volet intitulé "Orroir, un lieu de mémoire", un volet intitulé "Mont-de-l'Enclus et sa région entre 1914 et 1918", un troisième volet à propos de la vie quotidienne sous l'Occupation entre 1940 et 1945 à Mont-de-l'Enclus et un quatrième volet qui fait un parallèle entre les deux grandes guerres mondiales à Mont-de-l'Enclus. Deux derniers volets sont consacrés à la Libération. Comme l’histoire ne s’arrête jamais, par la suite, quelqu’un prendra le relais et continuera probablement la tâche sur ces sujets ou sur d’autres. Merci d’avance à lui.

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  • Le chemin de fer en Belgique date de 1835. L’ancienne ligne de chemin de fer Renaix-Avelgem desservait trois villages de l’entité (Russeignies-Amougies-Orroir)… Elle sera très vite reliée au réseau des environs (Tournai, Lessines, Ath, Courtrai, Audenarde, etc). Une vaste collection de cartes postales anciennes permet de visualiser l’état du réseau local : de quoi rappeler des souvenirs à tous les anciens qui ont emprunté ces lignes ou donner le prétexte à plonger dans des extraits d’anciens horaires des chemins de fer (1871, 1914, 1940 … !). En 1864, un projet de ligne internationale reliant les Pays-Bas à la France fait la part belle au site d’Amougies. Les lenteurs de la procédure empêchèrent ce projet (signé) de se réaliser. La ligne de chemin de fer allant de Courtrai à Renaix (via Avelgem, Orroir, Amougies) a été ouverte le premier juin 1869. A Amougies viendra se brancher la section vers Tournai, ouverte en deux temps : Amougies-Pecq le 5 juin 1882 et Pecq-Tournai le 1er novembre de la même année. Le côté anecdotique du rail local n’est pas absent, avec des incidents comme des réclamations, déraillements, accidents et même des tirs à la gare de Russeignies …Cela permet aussi de constater le rôle social de ce nouveau moyen de communication, la proximité de la gare étant considérée comme un atout important lors de la vente d’une propriété comme le Moulin Saint-Pierre ou pour les fêtes locales ou encore pour des institutions comme les Colonies scolaires. Rencontres également avec Gaspard Remmericq, machiniste de la sucrerie d’Amougies ; Emile Allinck, rattacheur de wagons ; Edgar Couvreur, chef de gare d’Amougies et éleveur de Bergers belges ; Daniel Vandemeulebroecke, porteur à la gare d’Orroir ; Jean-Baptiste Maladry, chef-piocheur à Russeignies ; et même Evarist Degeyter chef-piqueur à Orroir et futur espion à Courtrai … Le sujet est également l’occasion de faire un peu d’archéologie industrielle avec les différents raccordements des industries locales (deux triangles ferroviaires qui ont eu une utilité militaire en 1914 et l’usine Soude et Potasse à Orroir ; le raccordement de la huilerie Glorieux-Beghin et de la Sucrerie d’Escanaffles via Orroir ; l’importance de la gare de Russeignies pour le transport des betteraves et l’industrie locale de la chicorée … avec un petit détour par le rail enclusien durant la Seconde Guerre Mondiale et la surveillance des voies et réquisition des 18-50 ans en juillet 1944) Et enfin … le 2 août 1958 passe le dernier train à vapeur et en 1962 aussi bien le service de passagers que le service de marchandises sont abandonnés sur toute la longueur de la ligne. La superstructure est presque totalement enlevée dès 1965 et le démontage des rails est effectué dans les années 74-76 ... Les riverains de l’assiette du chemin de fer ont pu en prendre possession à partir de 1977 ( en location) et l’acheter entre 1985 et 1988, l’administration communale ayant rejeté l’offre qui lui était faite de reprendre l’ensemble de l’assiette. Le pont du chemin de fer sur l’Escaut à Orroir est démonté fin 1984 pour finalement être remplacé par une passerelle pour vélos et piétons en 2014. Un projet (farfelu ?) de réouverture du réseau ferroviaire date de 2002 et une enquête Infrabel sur la réactivation de lignes a été menée fin 2010 ! Le « projet RAVeL » fait référence au Réseau Autonome des Voies Lentes, un projet wallon visant à créer un réseau de voies vertes et sécurisées pour les usagers non motorisés comme les piétons, cyclistes et cavaliers. Lancé en 1995, il a évolué pour couvrir plus de 1 500 km de chemins aménagés, principalement sur d'anciennes lignes de chemin de fer et des chemins de halage. Ses objectifs incluent la promotion de la mobilité douce, le développement du tourisme vert et la valorisation du patrimoine wallon. En 2014, une passerelle pour piétons et cyclistes est aménagée entre Orroir et Avelgem à l’endroit où autrefois le pont du chemin de fer enjambait l’Escaut.

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    Language french
    Type Book printed in color
    Format A4
    Paper Standard paper
    Cover Soft cover
    Binding Sewn perfect binding (linen thread)
    Lamination Glossy
    ISBN 978-2-8083-3898-1 9782808338981